Café Zombo, le Mickey de Régis Loisel

Suite des aventures de Mickey chez Glénat, et cette fois c’est le très attendu Café Zombo de Régis Loisel qui pointe le bout de son nez ! Encore une fois, un grand nom se prête au jeu de l’éditeur et nous donne une aventure du personnage ainsi que sa vision. Ayant les droits sur les héros Disney, Glénat a fait appel à des grands noms de la BD pour nous donner des aventures inédites. 

Aperçues au festival Quai des bulles de St Malo, les planches de Loisel m’avaient fortement fait de l’oeil. Détaillées, old school, avec un côté laborieux… Je ne sais vraiment comment les qualifier, mais j’ai accroché. Et puis Pat ! Dans mon imaginaire, les meilleurs aventures de Mickey sont toujours liées à Pat Hibulaire !

C’est la crise mon bon Mickey !

On est renvoyés dans les débuts de la souris, vers les années 30. On y retrouve un coté pauvre, laborieux et ouvrier qui posent le contexte de cette aventure dans laquelle un vil promoteur veut faire main basse sur le quartier pauvre de la ville pour le transformer en golf. Heureusement, Mickey et Horace ne sont pas nés de la dernière pluie et vont tenter de contrecarrer les plans du vilain.

Et il ne reste justement plus qu’eux pour sauver la ville ! Tous les habitants semblent zombifiés suite à la consommation de ce mystérieux café zombo. Seuls Mickey et Horace y ont échappé. Même Dingo a succombé à ses effets.

Pluto, l’ami de Mickey ?

Mickey oblige, en plus de Horace, Clarabelle, Minnie, et Pat, on croisera aussi Dingo et Pluto, les fidèles acolytes qui n’auront qu’un rôle secondaire ici. Parsemé par ci par là, quelques clins d’oeils assez sympa (les débuts d’une grande chaîne de hamburger ?) rendent cet album un peu plus agréable encore.

Toujours est-il que l’auteur nous donne des planches solides, efficaces dans un format pas si courant de nos jours et assez agréable. L’histoire avance bien, même si le début est un peu long. Personnellement je ne porte pas Horace dans mon coeur donc le voir en compagnie de Mickey tout au long de l’album à la place de Dingo me déplaît un peu.

On le prend ce Café Zombo ?

Si on aime Mickey, Si on aime Loisel, oui on le prend. J’ai vraiment pris du plaisir à le lire, bien plus que les précédentes sorties de cette même collection. Plus adulte que ce que l’on trouve dans les publications Mickey, ça n’en reste pas moins du Mickey, donc je ne sais pas comment un non fan y réagira. De plus, le magnifique dessin de Loisel sur le titre possède une touche particulière qui ne plaira pas forcément à tout le monde. Ah et mention pour Donald qui est fidèle à lui même et nous offre un joli gag.

Ah et une fois n’est pas coutume, la Fnac nous gratifie d’une édition spéciale avec couverture alternative (pas forcément meilleure) mais surtout un carnet de croquis très joli qui vaut le coup d’oeil… Et le changement de crémerie pour ce titre.

 

Café Zombo Couverture du livre Café Zombo
Mickey
Régis Loisel
Glénat

1930, les États-Unis subissent la Grande Dépression. Comme tous les matins, Mickey et Horace font la queue devant le bureau pour l’embauche. Sauf qu’une fois de plus, il n’y a rien pour eux... Dépités, ils décident d’aller rendre visite à leur ami Donald pour se changer les idées. Au programme : camping au bord de la rivière avec leurs compagnes Minnie et Clarabelle. Sauf qu’à leur retour, ils ont la surprise de découvrir que la ville a complètement changé. Rock Fuller, un banquier véreux, a racheté toutes les propriétés du quartier et compte les raser afin de construire un terrain de golf. Pire encore, les travailleurs, embauchés en masse pour ce grand projet, sont devenus accros à une mystérieuse substance, « café Zombo », qui fait d’eux de véritables zombies !

C’est l’événement BD de l’année : pour la première fois depuis Peter Pan, Loisel revient au scénario, dessin et couleurs ! Et pour ce grand retour, l’artiste s’offre un rêve : livrer son hommage au Mickey de Floyd Gottfredson des années 1930 dont il est un fan absolu. Faisant le choix du format « à l’italienne », l’auteur retrouve ainsi l’esprit des strips horizontaux caractéristiques de l’époque. Il livre une aventure rythmée et pleine d’humour où, comme souvent chez lui, les péripéties de ses personnages et la fausse légèreté du récit sont un prétexte pour aborder des thématiques profondes. Qui aurait imaginé Mickey traverser la crise de l’emploi dans l’Amérique post-1929, subissant les dérives du capitalisme et l’aliénation des masses laborieuses ?!

Café Zombo est un ouvrage somptueux et hors-norme, tant par la forme que par le fond, dans lequel Loisel rappelle l’étendue de son génie graphique – son sens du détail, son encrage à nul autre pareil et le dynamisme de sa mise en scène – et réussit l’exploit de rendre un hommage à la fois respectueux et intimement personnel.

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