Sangre – Le nouvel Arleston

Arleston nous revient et scénarise une nouvelle série, Sangre, avec Adrien Floch au dessin. Nouvelle licence et nouvel univers pour un auteur omniprésent dans la BD depuis 20 ans. Verdict ?

Une ville de l'univers de Sangre

Grosse mise en avant pour la nouveauté de Arleston ce mois-ci, et donc difficile de passer à côté. Comme à son habitude, l’auteur nous dépeint un monde de fantasy, auquel se mêle un peu de magie. Oui, on pourrait dire du Arleston en gros. Justement c’est là le premier reproche à ce titre. On repart pour du Arleston.  Ok l’univers est nouveau, tout y est différent, mais on reste dans le même style de Fantasy auquel l’auteur nous a habitué. C’est d’autant plus difficile après les succès de ses précédentes séries. En restant dans le même style, il ne doit pas être en dessous !

Sangre 1 - couverture de l'album noir et blancCopier Coller dans un nouvel univers ?

Heureusement, on ne prend pas les mêmes pour recommencer ailleurs. L’univers, ou plutôt les univers puisqu’il semble y avoir plusieurs univers parallèles accessibles uniquement grâce aux ligats, ces magiciens capables de se déplacer via des portails, est tout de même original.

On est ici dans de la Fantasy pure même si on sourit d’entrée avec ces ballons qui avancent et fonctionnent grâce aux gaz de yacks. De l’univers, ici on ne voit finalement pas grand chose. Une région de collines, une grande ville, une île et puis plus rien. Cela laisse encore beaucoup de place à de nouveaux développements.

Le personnage central, Sangre, est une petite fille dont la famille est décimée par des écumeurs sauf sa mère, enlevée pour être réduite en esclavage. (Huit écumeurs pour être précis) Elle est recueillie par une sorte de sœur qui essaie de la former et lui apprendre à utiliser le talent (rien à voir avec le Force j’imagine) qui est une sorte de pouvoir permettant, par exemple, d’arrêter le temps pendant quelques « battement de coeur ».

Mais en elle il y a quelque chose de plus fort encore : l’envie de vengeance ! Et c’est cette envie qui va guider les aventures de la petite Sangre, qui d’ailleurs va vite grandir. Cette vengeance qui même à l’annonce d’une série en huit tomes (pas de spoiler, c’est écrit au dos), ce qui correspond comme par hasard au nombre d’écumeurs…

Noir et blanc ou couleur ?

Passons au dessin maintenant. Vous le savez ou non, mais je suis un (très) grand fan d’une autre série en cours d’Arleston, Ekho, en grande partie pour le dessin de Barbucci. Ici, Adrien Floch est dans un autre style. Alors ça colle, ça se lit bien, c’est joli et voilà. Le dessin fait le job, et est même souvent réussi. D’ailleurs il existe aussi une édition en noir et blanc, comme Soleil le fait souvent maintenant. Pour avoir eu les deux exemplaires en main, j’admets l’importance de la couleur sur ce titre. Si le noir et blanc rend pas trop mal, la version en couleur est bien meilleure pour moi ! Bravo à Claude Guth qui fait du très bon boulot sur ce titre ! Le rendu final de la version couleur est très agréable à lire, même sur certaines pages chargées, dû sans doute à une grande quantité d’informations contenues dans le titre.

Sangre 1 - Exemple de planche

C’est peut être dû à la complexité du titre. Le scénariste doit, dans ce premier tome mettre en place un univers entier, un personnage principal, une trame et tout cela en une cinquantaine de pages ! Alors oui, beaucoup de choses à caractériser, donc une certaine densité qui va malheureusement alourdir le titre et donner cette impression de demi réussite seulement.

Alors oui, Arleston est un formidable créateur d’univers, mais à chaque fois il doit en créer un nouveau de toute pièce et donc le caractériser et surtout le démarquer de ce qu’il a déjà fait. Et si un jour il arrivait à nous sortir une pirouette de son chapeau (ou sa casquette) pour nous relier tous ses univers et créer un multivers dans lequel toutes ses séries se déroulent ?

Alors, on le prend ?

Difficile de donner un verdict sur ce titre. Non ce n’est pas un mauvais titre, loin de là. Mais il est un poil en retrait par rapport à ce que Arleston nous a déjà livré. On voit une légère (je pense) influence tirée de Star Wars, Le talent, la force, le côté obscur… Et l’univers est prometteur mais doit encore être grandement développé, ce qui je pense va être un des objectifs des tomes suivants. Il en reste un titre sympa, qui se lit bien et qui fait son job. Il ne gagnera certainement pas de récompenses à mes yeux, mais il est loin d’être mauvais. Peut être un peu facile à anticiper, mais le personnage principal est bien écrit et assez agréable à suivre. Rien que pour voir comment Sangre va évoluer dans cet univers, je vais donner sa chance à cette série !

 

Sangre la survivante Couverture du livre Sangre la survivante
Sangre
Christophe Arleston
Fantasy
Soleil
15-09-2016
52
Adrien Floch
Claude Guth

Sangre, petite fille, voit sa famille massacrée et sa mère enlevée par la compagnie des Sombres Écumeurs. Seule survivante, elle grandit dans une institution où on lui apprend à maîtriser un pouvoir qui lui permet de figer le temps quelques secondes, avant de poursuivre son éducation à l’école de la rue.

Sangre ne rêve que d’une chose, retrouver sa mère et se venger des sept pirates qui ont tué les siens.

Elle doit en premier lieu retrouver le complice qui a permis aux écumeurs de sévir. Il mérite d’être châtié, mais surtout, il est le seul à pouvoir renseigner la jeune fille sur l’identité de ceux qu’elle recherche...

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